vendredi 5 mars 2010

Les âmes de mon Père



Je traverse les allées. Je vous sais à mes côtés. Je regarde vos visages. Je m’émeus de vos mains unies à jamais, gravées dans le marbre.

Sous les arbres. Loin de l’agitation parisienne. Je me ressource auprès de vous plusieurs fois par semaine.

Silence. Gazouillis et chats errants. Au creux de la terre, les inconnus côtoient de grands noms : Wilde, Piaf, Morrison, La Callas, Bashung, Proust, Desproges, Chopin, Signoret, Mano, Malik...

Les touristes, plans à la main, vous recherchent avidement. Ils se font shooter devant votre dernière demeure. Le sourire aux lèvres. Soupir.

Je déambule et je vous sais. Auprès de vos mots, nul oubli.

Ô âmes de mon Père : pleureuses, statues, latin, Jésus, gothique, photos jaunies, Marie, mots griffonnés, fleurs séchées, plaques décollées, icônes et vitraux.

Un cimetière n’est pas triste.

C’est ici que tout commence...